Malgré un genou douloureux, Rafael Nadal n'a fait qu'une bouché de Guillermo Garcia Lopez (6-1, 6-2) à Barcelone. l'Espagnol sera opposé en huitième de finale à Farah ou à Andujar.
6-1 6-2, score sans appel. Rafael Nadal s'est imposé facilement mercredi après-midi au second tour du tournoi ATP de Barcelone face à son compatriote Guillermo Garcia Lopez, 78e mondial. Trois jours après sa victoire à Monte Carlo, le numéro deux mondial a plié le match en 1h21. Solide tout au long de la partie, le Majorquin a su convertir six de ses quinze balles de break. Jamais mis en danger par son adversaire, Rafa a néanmoins perdu son service à 4-0 dans le deuxième set.
"Mon genou m'a un peu gêné"
"J'ai fait un bon match avec peu de fautes", s'est félicité le Majorquin qui s'est toutefois plaint une nouvelle fois de son genou. "Mon genou m'a un peu gêné, a expliqué Nadal. "Mais c'est normal. Le douleur ne part pas en quinze jours. Tant que ça ne me limite pas et que ça me permet de jouer mon jeu, il n'y a pas de problème". L'Espagnol avait déjà dû jeter l'éponge en demi-finale à Miami en raison de cette douleur, qu'il a traitée depuis avec des injections.
En huitième de finale Rafael Nadal affrontera Robert Farah (246e), ou Pablo Andujar (38e), un camarade espagnol. "Andujar est favori et ce sera un rival difficile. C'était déjà le cas à Roland Garros car il maintient un rythme de jeu élevé et qu'il est très fort en fond de court", anticipe-t-il déjà. A noter que l'aventure est terminée pour le Français Benoit Paire, battu au second tour par Albert Ramos (6-3, 7-5).
Les carrières de Rafael Nadal et de Bjorn Borg ont beaucoup de points communs. Mais l'Espagnol, contrarié par la montée en puissance de Novak Djokovic comme le Suédois l'a été à l'époque de John McEnroe, a quelque chose de plus : un supplément d'âme.
Le parallélisme des deux trajectoires de Rafael Nadal et Björn Borg est absolument fascinant tant leurs deux destins se seront épousés à 30 ans d’intervalle. Borg et Nadal sont tous les deux nés en juin (le 6 juin 1956 pour le Suédois, le 3 juin 1986 pour l’Espagnol) à l’heure de Roland-Garros. Roland-Garros où ils ont remporté tous les deux le premier de leurs titres majeurs. Roland-Garros où ils comptent tous les deux le nombre record et historique de six triomphes, le 6e ayant été obtenu, dans les deux cas à l’âge de 25 ans pile.
En juillet 1981, défait en quatre manches par John McEnroe en finale de Wimbledon, Björn Borg perdit sa place de n°1 mondial au profit de son vainqueur (comme Nadal contre Djokovic 30 ans plus tard). En septembre de la même année, en finale de l’US Open, le Suédois s’inclina à nouveau contre McEnroe en quatre sets (comme Nadal contre Djokovic 30 ans plus tard). Puis Borg vacilla (comme Nadal 30 ans plus tard).
Depuis son apparition sur le circuit professionnel, Nadal a toujours été comparé à Borg qu’il a semblé avoir réincarné avec son bandeau dans les cheveux, son terrible coup droit lifté et son inlassable couverture de terrain. Certains ont fini par croire qu’à l’aube de cette saison 2012, le physique et la tête du Majorquin allaient finir par l’abandonner définitivement, un peu comme Borg parti sans laisser d’adresse à seulement 25 ans.
Car Borg ne revint jamais après l’US Open 1981 dont il avait snobé la remise des prix et la conférence de presse. Enfin, presque, si l’on excepte une parodie de match contre Yannick Noah à Monte-Carlo en 1982 (il sifflotait aux changements de côté !), d’une scène d’adieux, toujours à Monte-Carlo en 1983, avant un retour baroque à la compétition en 1991 à l’âge de 34 ans.
Nadal et le ras-le-bol "borgien" ?
Il aura donc suffi d’une phrase malheureuse lâchée au dernier Masters de Londres pour que Nadal sème le doute à son tour sur la solidité de son implication à 25 ans. "Ces dernières semaines, j'ai été un peu plus fatigué que d'habitude et c'est pour cela que j'ai eu moins de passion pour le jeu", avait-il dit. Moins de passion ? L’expression, qu’il a encore dû combattre en conférence de presse à Melbourne, ne l’a pas lâché d’autant que sa lutte pour le raccourcissement de la saison et le suivi de son inquiétant bulletin de santé consignant ses douleurs diverses ont alimenté les rumeurs de son ras-le-bol "borgien". A Melbourne, Nadal paraît surveillé comme le lait sur le feu.
Mais si Borg a plié bagage à 25 ans, Nadal porte encore les siens comme il peut au même âge. Vaille que vaille, cahin-caha, Nadal continue d’écumer les courts en grimaçant à l’image des craintes engendrées par la violente douleur au genou qui l’a foudroyé dans sa chambre d’hôtel avant de disputer son premier tour de cet Open d’Australie et a nécessité la pose d’un imposant bandage. Visage impassible comme un robot, Borg ne laissait jamais transparaître le moindre rictus. Nadal continue, lui, de déformer le sien sous les attaques de son corps, se rendant ainsi terriblement humain, tout en réussissant à plaisanter sur le sujet face aux journalistes.
"L’admiration que j’avais pour Borg était purement sportive, avait précisé un jour Yannick Noah à Tennis Magazine. Rien à voir avec celle que l’on voue à une idole pour plein de raisons. Il n’y avait aucun contact possible avec Borg, il ne parlait à personne. On ne le voyait jamais dans les vestiaires. J’ai dû échanger deux ou trois « hello » avec lui, c’est tout. Sur le plan humain, pour moi, il a toujours représenté le néant. Comme une feuille blanche." C’est, en effet, la limite de la ressemblance entre Borg et Nadal. Nadal, plus ouvert, dépourvu de ce blindage mental -le voilà même qui se « lâche » contre Federer !- n’est pas totalement Borg, heureusement. Ce supplément d’âme pourrait l’aider à continuer à tracer sa route pendant quelque temps encore et peut-être à ajouter quelques tournois majeurs, histoire d’essayer d’égaler Borg et ses 11 titres du Grand Chelem pour peu que son corps de plus en plus tortionnaire tienne le choc. Prochain épisode du feuilleton médical, jeudi 18 janvier, contre Tommy Haas au 2e tour de l’Open d’Australie…
SUIVEZ L'OPEN D'AUSTRALIE EN DIRECT SUR EUROSPORT PLAYER ET SUR L'ANTENNE D'EUROSPORT !
En atteignant la finale du Masters, Jo-Wilfried Tsonga a confirmé son appartenance au petit groupe des joueurs qui comptent sur le circuit. Mais aussi qu'il lui manquait encore un petit quelque chose, à 26 ans, pour atteindre la gloire. A lui de trouver la clé en 2012 pour faire mieux.
Perdre trois fois de suite en quinze jours face à Roger Federer, référence ultime du circuit, ça n'a rien de dégradant. Mais Jo-Wilfried Tsonga aurait pu bousculer cette logique. En jouant face aux meilleurs joueurs mondiaux, le Français, qui a pris indéniablement une nouvelle dimension à Londres, a fait douter le Suisse en finale du Masters, sans parvenir à concrétiser sa réplique en fin de deuxième set. La faute à un physique qui ne lui a pas permis de poursuivre son effort, notamment sur sa mise en jeu où sa première balle a été moins saillante. Roger Federer, maître en la matière, a très bien senti les moments où il devait mettre la pression sur son adversaire. C'est aussi pour cela que le Suisse est l'un des meilleurs du circuit.
"Si Roger n'était pas là, j'aurais deux ou trois titres de plus à mon palmarès..., glissait Tsonga non sans humour. En tennis, il faut savoir gérer le score. Cela ne sert à rien de bien jouer dans les points qui ne comptent pas. Il faut bien jouer dans ceux qui comptent et c'est ce que fait très bien Roger. Il a su me mettre plus de pression sur mes jeux de service. Moi, je ne l'ai pas fait jouer assez quand j'étais à 0-30 ou 15-30 sur son service." C'est donc dans sa gestion des moments-clés face aux tout meilleurs joueurs que le Français pourra décrocher de grandes victoires. S'il a été solide face à Nadal peu en verve en matches de poule, sa nervosité a failli lui coûter cher face à Tomas Berdych en demi-finales, où il a avoué avoir eu "peur" durant la partie. Sa chance a été d'avoir en face de lui un adversaire qui a balbutié son tennis et qui lui a donné beaucoup de points sous la pression. Pression qu'a, par contre, parfaitement maîtrisée le Suisse en finale.
"Je peux aller chercher les tout meilleurs joueurs"
"Je pense que je peux battre les meilleurs joueurs. Je peux aller les chercher, estime encore Tsonga. A condition de mieux récupérer physiquement, d'être plus rapide et de mieux me déplacer.Cela passe aussi par un travail technique plus intense, ce qui me permettra de progresser tout naturellement. Peut-être que comme ça, j'aurais des résultats encore meilleurs." De bonnes pistes de réflexion avant de partir en vacances étant fier d'avoir pu conserver sa sixième place mondiale, son meilleur classement en carrière. Tsonga est bien ancré dans le Top 10, à 2020 points précisément du 11e joueur mondial, Juan Martin Del Potro, et il aura peu de points à défendre jusqu'à Wimbledon, si ce n'est une finale à Rotterdam qui vaut 300 points (sachant que celle du Queen's n'est pas décomptée dans ses points actuels). Et il n'est plus qu'à 500 points de la 5e place de David Ferrer, qui sera son prochain objectif à atteindre au classement en se rendant en janvier prochain à Melbourne pour jouer un Open d'Australie qui lui réussit tant et qui vaudra cher d'entrée de saison.
"Mon plus grand souvenir cette année, c'est d'avoir été plus consistant mentalement et d'avoir découvert que le tennis était pour moi une vraie passion." Surtout après avoir battu deux fois Rafael Nadal, tout comme Roger Federer avant cet automne qui lui a permis de jouer une demi-finale à Wimbledon. Ceci restera son plus beau fait d'armes de l'année après sa qualification en finale du Masters. "Mon objectif depuis que je joue, depuis que j'ai commencé sur le circuit, est de gagner un titre en Grand Chelem ou la Coupe Davis. Je dis "ou" mais c'est plutôt "et" ! Si ça pouvait être le cas, ce serait top. Cela fait partie de mes rêves, mais je ne sais pas si l’on peut parler d'objectifs bien définis. L'objectif, c'est simplement de gagner les plus gros tournois." Après tout, tout est possible pour celui qui a déjà battu les quatre premiers joueurs mondiaux...
C'est avec une admiration sans borne que l'Espagne a vu son enfant prodigue mettre à genoux l'équipe de France en demi-finales de Coupe Davis. Si David Ferrer a été l'autre artisan du succès ibérique à Cordoue, Rafael Nadal a dépassé sa grande fatigue pour l'amour de sa patrie. Et cela s'est vu.
Cela aurait été l'image du week-end andalou : le public qui se lève pour acclamer Rafael Nadal avant même sa victoire éclatante (dans tous les sens du terme) sur Jo-Wilfried Tsonga. Pour remercier son héros, celui qui a su quand même répondre présent pour permettre à l'Espagne de jouer la huitième finale de son histoire, sa sixième depuis 2000. A chacune de ses entrées sur le site, le public se réveille. Sur chaque affiche de la rencontre présente dans la ville, son portait n'est jamais très loin. Sur chaque discussion sur la confrontation dans la rue, son nom revient inlassablement.
Le public de Cordoue ne s'y est pas trompé : s'il a assisté avec brio au vingtième succès consécutif de "l'Armada" en Coupe Davis à domicile, c'est en grande partie grâce à son enfant prodigue, revenu de loin pour pouvoir jouer cette rencontre à n'importe quel prix. Tout du moins essayer. "Je suis arrivé au bout du rouleau, mais j'ai pu un peu récupérer. En fait mon temps n'a été que ça. Je dors assez mal, mais je suis tellement heureux d'être ici que cela me passe mon mal. En plus, mes parties n'ont pas très longues, donc je n'ai pas souffert sur le court".
18 victoires en 19 simples
Depuis 2004, année de sa première participation, l'Espagnol a disputé 19 matches en simple et n'en a perdu qu'un seul, le tout premier. Depuis, ce ne sont que des succès. Et sur terre battue, la domination est encore plus totale. L'Argentine, prochaine adversaire des Ibères en finale, sait donc à quoi s'attendre si le N.2 mondial est présent début décembre. "Le public a été incroyable, a tenu à souligner le Majorquin. Cette rencontre restera inoubliable pour cette raison. J'étais très bien dans cette arène. Je remercie tous les fans pour leur encouragement et leur soutien lors de ces quelques jours difficiles à cause de la chaleur et de la fatigue."
Sans lui, l'Espagne a bien remporté la Coupe Davis outre-atlantique à Mar del Plata en 2008. Mais c'est également sans lui qu'elle l'a perdue en France l'an dernier à Clermont-Ferrand. Nul ne peut savoir si le résultat aurait été le même sur une autre surface, mais le faire jouer ce week-end était une nécessité pour gagner. C'était loin d'être gagné d'avance. Le Majorquin étant encore retenu à New York lundi pour disputer la finale de l'US Open. Même après un rapatriement express et un temps de repos trop court, il a tout de même été présent pour aider ses coéquipiers à prendre une revanche sur l'équipe de France. "J'étais à 50% de mes capacités vendredi contre Gasquet, mais vu le temps que je suis resté sur le court, cela s'est bien passé, raconte Nadal. J'étais bien mieux aujourd'hui en tout cas. Je suis resté très calme, j'ai récupéré peu à peu. J'ai très mal dormi, j'ai parfois trouvé le sommeil vers 4h du matin. J'ai passé ma semaine surtout à récupérer en somme."
"Cela ne durera pas une éternité"
Même s'il est le grand artisan de cette qualification, ne comptez pas sur lui pour se mettre en avant : il sera toujours heureux de pouvoir louer "l'extraordinaire équipe" avec laquelle il passe tant de bon temps. "Pour jouer autant de finales en Coupe Davis en peu de temps, c'est que nous avons une équipe exceptionnelle, poursuit l'enfant du pays qui veut associer ses coéquipiers à la victoire, des joueurs bourrés de talent, mais aussi grâce à une très bonne entente entre nous. Je me sens pas plus spécial que mes coéquipiers. Je me sens bien avec eux. Je ne reste jamais seul dans mon coin. Nous sommes souvent ensemble le soir pour aller dîner par exemple. J'aime cette cohésion. Cela me manque même beaucoup pendant l'année. Je crois que c'est aussi pour cela que j'aime autant jouer la Coupe Davis. Cela me motive énormément."
Et Albert Costa de confirmer : "Le niveau de l'équipe d'Espagne est très élevé actuellement. Je crois même que parfois l'Espagne ne sait pas la chance qu'elle a d'avoir des joueurs comme Rafael Nadal et David Ferrer." Le capitaine espagnol de Coupe Davis, tout autant que les Français d'ailleurs, sait que les temps sont durs pour les meilleurs joueurs du classement ATP. Tout le week-end, les problèmes liés au calendrier trop lourd ont été rabâchés. Il n'y a pas eu de casse côté espagnol, ce qui n'est pas le cas d'une autre nation comme la Serbie, pour ne citer qu'elle. Elle a dû abandonner son titre sur l'abandon de Novak Djokovic. Lui n'a pas pu sauver ses compatriotes. "Nous vivons actuellement une époque glorieuse, reconnaît Costa, il faut en profiter. Et aussi faire un travail de fond pour que cela dure des années. Mais nous nous trompons en pensant que cela va être ainsi pour l'éternité". Au moins jusqu'à temps que Nadal ne décide de ranger ses raquettes.